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La page « mémoire vive » a pour but de créer un espace de mémoire pour que les Anciens puissent laisser leur témoignage sur la vie autrefois à Belmont.

Lili BERNARD et Dolf PAILLET

Retrouvez les témoignages de Louis Bernard plus connu sous le nom de Lili et Dolf Paillet dont les familles sont installées à Belmont depuis au moins 1800.

Belmontois-bernard-et-paillet

Lili à gauche, Dolf au centre et l’épouse de Dolf à droite

Un mode de vie rural en circuit fermé

« Content d’y avoir vécu! » affirme Lili Bermard. Ainsi commente Lili après après avoir évoqué la vie d’autrefois à Belmont.

La vie autrefois à Belmont était essentiellement rurale et tout le monde s’entraidait.

On vivait en circuit fermé : on produisait nous-même tout ce dont on avait besoin. Tout le monde avait les vaches, les volailles, les cochons, les poules.

On tuait le cochon qui était mis au saloir et durait une année. Les gens tuaient à tour de rôle le cochon et s’échangeaient les fricassées, cela permettait d’en avoir toute l’année.

Avec le lait de vache et chèvres, on faisait le fromage et le beurre.

Pour nous ou les bêtes, on faisait pousser le blé, l’orge, l’avoine et le seigle. On emmenait les sacs de grain de blé à Eydoche pour faire la farine. Certaines familles faisaient leur pain elles-mêmes dans le four à pain qui se trouve à la limite avec Bizonnes. Ou on emmenait la farine chez le boulanger pour faire le pain à façon : on donne la farine et il ne fait que le façonnage. C’était alors des gros pains de 4-5 kg et on le gardait 15 jours. Avec 100kg de blé, on faisait 125 kg de pain.

Il y avait aussi beaucoup de noyers à Belmont : tout le monde produisait son huile de noix au moulin de Biol.

A Belmont, il y avait autrefois plus de 40 vignes. Elles étaient encore en place il y a 20 ans.

On produisait notre vin pour notre consommation personnelle, de la ‘piquette’ à 8-9°!

On faisait du digestif et du pastis mais c’était très fort…

Les corvées

Des « volontaires » rémunérés accomplissaient des corvées qui permettaient d’entretenir la commune de Belmont.

Belmont n’était pas goudronnée : toutes les années en octobre, c’était les corvées pour faire les chemins à la pioche et à la pelle. On charriait le gravier, le cassait à la masse.

Une usine à Belmont

Autrefois il y avait une usine de tissage à Belmont installée dans l’actuel garage Dumont.

C’est Hugues Giroud qui avait dit au grand-père de Lili Bernard: « Si vous trouvez un débit d’un litre et demi d’eau à la minute, on monte une usine.

Les Belmontois ont réussi à trouver une source avec le débit nécessaire.

L’usine fut ainsi montée en 1939 et elle est restée près de 30 ans. Elle a permis aux familles d’avoir du travail sur place et de se nourrir. On y fabriquait des couvertures de laine et des pantoufles.

Comme il n’y avait pas assez de rendement, on avait aussi placé une quinzaine de métiers à tisser dans les maisons.

Guerre 39-45 à Belmont

Les Allemands passaient peu. Il y avait le maquis à la ferme du Mollard et à la maison Tintin Manchon.

Un détachement américain avait fait un campement à la tourelle de Biol le Haut et les GIs distribuaient du chocolat que les Belmontois allaient récupérer.

La tradition des conscrits

On faisait les conscrits à 19 et 20 ans : on commençait au mois de mai. On défilait dans Belmont avec une grosse caisse et le clairon. On ramassait les oeufs, passait par les maisons pour les vendre et se faire de l’argent : on faisait la fête avec l’argent récolté!

On offrait un bouquet à une conscrite chaque samedi soir et celle-ci faisait des pâtisseries. On faisait ensuite la fête chez la conscrite.

Bâtiments de Belmont

Autrefois il y avait plusieurs moulins et un lavoir démonté en 1980.

Pour construire une maison en pisé, on avait tout sur place : les pierres, le bois, la terre.

Le soubassement de la maison était fait en pierre sèche, de la chaux et au-dessus, on mettait les banches (coffrage en bois), on remplissait de terre et tassait. Toutes les maisons anciennes sont en pisé.

Avec le bois, on faisait beaucoup de choses : il servait de bois de chauffage, à faire le toit, les meubles, les chaussures…

L’église fut construite avant 1900 à la place de l’église précédente qui était au milieu du cimetière. Elle fut financée par les Chartreux.

Un grand merci à Lili et Dolf de faire revivre le Belmont d’autrefois à travers leur témoignage